Le Barrière Poker Tournament n’a pas encore trouvé son public
Grèves, interventionnisme aigu des renseignements généraux, buy-in trop élevé, défaut de communication, manque de satellites qualificatifs : autant d’éléments qui peuvent expliquer la faible participation enregistrée hier lors du Barrière Poker Tournament. Seuls 33 joueurs ont pris place autour des tables de poker du casino de Deauville. Le Main Event qui devait marquer le grand retour des tournois de poker en France accouche d’une souris.
Dépit des organisateurs qui, sur le coup, ne sont pas à blâmer. Tout avait été prévu pour proposer aux joueurs un tournoi de qualité : structure, hauteur de tapis, localisation (certainement l’une des plus belles salles de poker en France). Oui mais voilà, tout cela était bien insuffisant pour rivaliser (pour le moment) avec des tournois comme ceux organisés la semaine dernière à Amsterdam ou encore le circuit EPT. De nombreux points seront à revoir ou à améliorer pour faire de cet évènement un passage incontournable du circuit.
Commençons par parler du Buy-in: 5000 €. En France seule une poignée de joueurs peuvent se permettre de payer, de leur poche, un ticket d’entrée aussi élevé. Les salles de poker en ligne étant illégales dans ce pays, il n’est pas possible pour les établissements Barrière de proposer des satellites qualificatifs en ligne. Faut il rappeler que la majorité des joueurs français ont découvert ce sport en jouant sur internet. Une évolution légale en la matière serait la bienvenue pour les organisateurs.
Côté satellite live, c’était d’ailleurs un peu le désert. Un seul tournoi qualificatif organisé et une décision incroyable prise lors de la remise des prix. En effet, il a été donné aux gagnants la possibilité de jouer le tournoi principal ou de recevoir 5000€ en cash. Ils ne se sont pas fait prier et ont encaissé majoritairement leur gain .
Erreur des organisateurs ? Pas du tout. Ces derniers ont été contraints de proposer une porte de sortie aux participants qualifiés pour le Main Event, à la demande expresse des autorités françaises.
Au final, la participation est basse, très basse. 33 joueurs et de nombreux habitués du circuit aux abonnés absents. Pour une fois la liste des joueurs n’ayant pas joué ce tournoi risque d’être plus longue que celle des participants.
Ne sont pas présent : Thomas Fougeron, Patrick Bruel, Michel Abecassis, Ludovic Lacay (c’est normal il faut bien qu’il étudie un peu), Fabrice Soulier, Antony Lellouche, Nicolas Levi, Arnaud Mattern, Alexia Portal, Bruno Fitoussi. On aurait pu voir aussi Olivier Tinten ou encore Nicolas Atlan, mais non. Même les peoples n’ont pas fait le déplacement pas de Rothen, Castaldi et consorts. On aura peut être plus de chance sur le tournoi du week end, au buy-in, plus abordable, de 1000 euros.
Jan Boubli, Bertrand Grospellier, Michel Cohen, et Paul Testud sont les seuls joueurs pouvant évoquer quelque chose dans l’esprit des amateurs, peu familiers des cercles de jeu parisiens.
Le tournoi qui devait se jouer sur quatre jours s’est finalement déroulé sur une seule journée. La structure de départ à du être modifiée en conséquence. De 90 minutes par niveau on passe à 40 mn avec un tapis de 10000 au lieu de 15 000. Le prizepool atteint lui 165 000€ pour 5 places payées. Les joueurs dans l’argent n’auront, au moins, pas fait le déplacement pour rien.
Cocorico c’est un français qui a gagné (sans blague ?) Michel Cohen a en effet décroché la première place après plus de 10 heures de jeu. Willy Korchia termine second.
La suite de cette semaine à Deauville est composée de deux tournois : 500€ rebuy (Vendredi) et le 1000€ (Samedi). Souhaitons-leur un plus grand succès.
Ce tournoi n’a donc pas connu le succès escompté. Il est étrange de constater qu’au même moment sont organisés en Belgique les « championnats de Belgique » : 1500 Euros de Buy-In, déjà 798 participants et 1 200 000€ au prizepool. Il y a quelque chose qui bloque en France ? Non je déconne tout va bien.
Tant que persisteront de telles incompréhensions, entre les joueurs et les organisateurs d’un coté et l’Etat de l’autre, il sera difficile de rivaliser avec les ténors Européens. Sans l’appui des salles de poker en ligne, il nous parait difficile d’organiser un tournoi de stature internationale en France.
Pour ne pas finir sur une note totalement noire on soulignera la belle initiative des établissements Barrière. Certes, la communication et les délais forts restreints entre l’annonce et le déroulement du tournoi sont certainement à revoir mais ces professionnels du jeu ont le mérite de faire bouger les choses et de proposer des tournois conséquents aux joueurs.
Il faudra cependant du temps, du professionnalisme et de l’audace pour que le produit « Barrière Poker Tournament » s’installe durablement dans le paysage français et Européen. Rome ne s’est pas fait en un jour…….


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