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Controler la taille du pot au Poker Texas Hold’em

Publié le 5 novembre 2008

Controler la taille du pot quand on joue au poker Texas Hold'emIntuitivement, il semble que le fait de checker ou de suivre soit le meilleur moyen de conserver un pot de petite taille lorsque vous n’êtes pas certain d’avoir, ou non, la meilleure main. Et c’est souvent le cas. Mais croyez le ou pas, miser peut parfois vous permettre d’atteindre le showdown* pour moins de jetons que si vous aviez checké.

Si votre objectif est de contrôler la taille du pot, miser vos jetons volontairement peut vous aider à garder un pot réduit au lieu de suivre passivement votre adversaire.

Voici un exemple d’une main que j’ai jouée au Main Event des World Series of Poker de cette année et qui illustre bien cette tactique. Les blinds étaient de 12,000/24,000 et j’ai misé 60,000 en position de bouton. Habituellement, lorsque vous commencez comme cela en misant 2 ½ grosses blinds, qui plus est sur le bouton, vous démontrez une certaine force. Dans ce cas, je n’avais que Q-J de cœur. La petite blind a suivi et la grosse blind s’est couchée.

Le flop donne A-10-Rag* ; il checke, je relance de 65,000, il suit. La carte de la turn donne une Reine – m’offrant la seconde paire du tableau – et il suit encore. C’est le moment clé de cette main et je décide de miser 100,000. Je l’ai fait afin de contrôler le pot : Je ne voulais pas miser pour 150,000 ou 200,000 sur la river, j’ai donc misé moins à ce moment là en espérant le coincer sur la river avec la plupart des mains possibles.

Disons que mon adversaire avait A-3. Ma petite mise sur la turn laissait penser que j’avais une forte main et que je voulais obtenir un « call » se sa part. Il n’y avait aucun intérêt pour lui de miser sur la river avec un As et aucun kicker, il aurait juste été heureux se faire offrir un showdown à ce moment là.

Il est important de noter la taille de nos stacks. J’ai commencé la main avec 600,000 jetons environ, tandis que lui en avait 1,5 millions. En misant 100,000 sur la turn, j’ai impliqué plus d’un tiers de mon tapis, et il ne pouvait pas tenter une relance au bluff du fait de mon engagement dans cette main. De plus, je lui ai laissé penser que j’avais réellement une bonne main. S’il avait vraiment misé plus, je n’aurais été battu que pour une modeste somme.

Mon but principal sur la turn était d’atteindre le showdown pour 100,000 au lieu d’un montant plus élevé. Si j’avais checké à ce moment là, avec environ 280,000 dans le pot, il aurait très bien pu avoir As-baby*, et mon check lui aurait indiqué que je n’avais pas d’As. Ensuite, il aurait eu la possibilité de miser 150,000 – 200,000 sur la river afin d’obtenir le maximum de ma part. Il aurait recherché un montant que j’aurais payé avec une Reine ou de ce qui ressemblait à un bluff.

S’il avait As-baby et opté pour une mise de 200,000 chip j’aurais économisé 100,000 en misant sur la turn.Bien sûr, il aurait pu faire échouer mon plan en y allant all-in sur la river. Encore une fois, c’est une situation où j’ai tenté d’incorporer une image*, et je l’ai joué réellement serré à ce moment là – il avait tout aussi peur de moi, que moi de lui.

Et si je le battais avec une Reine ? Disons qu’il avait J-10 ou K-10, il aurait pu être récompensé en suivant, et c’est ce que je voulais – J’avais besoin de 100,000 supplémentaires pour mon tapis. J’étais disposé à prendre le risque de voir la river car il n’avait que cinq ou six outs*.

Contre d’autres joueurs qui sont capables de voir la river et de se coucher, j’aurais peut-être essayé une stratégie différente, comme jouer prudemment en checkant sur la turn tout en étant prêt à mettre 175,000 sur la river. Mais contre lui, j’étais quasiment sûr qu’il allait checker sur la river à moins qu’il n’obtienne le trips* ou une quinte.

Finalement, je n’ai jamais vu sa main. Il a checké la river et j’ai checké derrière. Il était dégoûté lorsque je lui ai montré la Reine, il était évident qu’il avait un 10. Mais il ne pouvait pas avoir juste un 10. Avec lui, pour avoir suivi avec un 10 sur la turn, il devait avoir une carte comptant pour la quinte – qui pouvait très bien être J-10 ou K-10. Et c’est exactement la main contre laquelle je voulais être sur la turn.

Cette situation était vraiment circonstancielle, car elle était basée sur la taille du tapis et de l’image donnée, qui sont des facteurs vraiment importants en tournoi live. Á cause de la taille de mon tapis, je l’ai joué vraiment serré et je ne pouvais pas me permettre d’écarts.

Je n’ai pas eu l’occasion de voir beaucoup de flops. J’ai joué contre cet adversaire un certain temps avant de mettre en place ce jeu, et je savais que c’était la situation parfaite pour cela. Je voulais atteindre le showdown car je pensais que les Reines pouvaient être la meilleure main, mais je ne voulais pas payer 200,000 pour le découvrir.

Source : full tilt Poker – Auteur Kelly Kim

Glossaire

* Showdown: Moment où les joueurs dévoilent leurs cartes après le dernier tour d’enchère.
* Rag: Désigne les mains sans valeurs ou très faibles. Par exemple lorsque qu’un joueur a un As et une petite carte, comme 3, on dit As-rag.
* Baby: Une des quatre cartes (excepté l’AS) qui constituent la plus petite main possible (2,3,4,5).
* Outs: Cartes qu’il reste dans le jeu pour améliorer une main.
* Trips: Brelan composé de deux cartes communes et d’une carte de la main de départ
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A propos de Kelly Kim

Née en Californie, Kelly joue au poker depuis l’université. Mais après son diplôme, le poker est passé au second plan pour laisser place à sa carrière dans le marketing. Au cours des années qui ont suivi, Kelly a réalisé que le marketing n’était pas fait pour lui – il voulait surtout jouer au poker à plein temps. En juillet 2003, Kelly a réalisé son rêve en remportant le Grand Slam of Poker, empochant plus de 21000 $. Depuis ce jour, il se livre à sa passion en pro.

Pendant les deux années suivantes, Kelly a régulièrement pris part à des tournois à Los Angeles. Empochant fréquemment des gains, dont plusieurs tables finales.

Puis en 2006, Kelly s’est frayé un chemin jusqu’à un stade avancé de la compétition à l’occasion du tournoi LA Poker Classic 9600 $ No-Limit Holdem WPT, remportant plus de 46000 $ pour sa remarquable performance. Il a remporté sa victoire suivante lors des WSOP 2007, où il a empoché des gains lors de deux tournois pour plus de 20000 $.

Enfin, en juillet 2008, il a réalisé la plus belle performance de sa carrière : Kelly est arrivé en table finale du Main Event WSOP, devenant un membre des célèbres November Nine.

Alors qu’il entre avec le plus petit tapis – il est en 9ème place avec tout juste 2,6 millions en jetons – Kelly dispose du tempérament de gagnant qui permet aux vrais compétiteurs de dépasser ces obstacles : »Ce serait différent su j’avais 15 millions en jetons – je sais que je suis un outsider et j’aurai besoin de chance. Je suis favori pour la 9ème place, mais ça me suffit d’être toujours en vie. Je ne vais pas tout miser sur la première main, je sais très bien jouer avec un petit tapis. »

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